La poutine Acadienne de Chez mémère : une sacré expérience

Mercredi 11 juin 2014, depuis le temps que je voulais goûter ça (depuis mon arrivée, en fait) : j’ai mangé de la poutine rappée (ou poutine acadienne) ! Moment historique à jamais gravé dans ma mémoire (tadadadaaam).

Je l’ai acheté Chez mémère (c’est un p’tit restau, hein !), à emporter. Ben oui, il était 4 h de l’après-midi, ça n’allait pas me faire mon goûter !

En réalité, je n’ai pas vu à quoi ça ressemblait avant d’arriver chez moi. On m’avait toujours décrit ce plat comme une mixture assez étrange de patate cuites et crus collées ensemble où, au milieu, se trouvait un mélange de viande. Excellent hein ? C’est typiquement Acadien, paraît-il, alors forcément j’ai voulu y goûter !

Typiquement Acadien ? Mmh un point à préciser : un Acadien sur deux que je rencontre n’a jamais goûté ce met. Pis encore : ils n’en sont pas vraiment fans voire même dégoûtés !

Enfin bon, j’ai ouvert la boîte dans laquelle se trouvait ma poutine promise… Et autant ne pas mentir, ça m’a dégoûté ! Un pâté sable mouillé, tu vois ?

Bon j’exagère un peu…

Vers 19 h 30, quand je suis passée à table, je me sentais comme une reine : Gwen, Maud et Rebecca assistait à mon repas via Skype ! En effet, Maud et Rebecca n’ont pas eu la chance de goûter la poutine rappée et voulaient absolument voir ma réaction.

Normalement, il aurait fallu réchauffer cette délicieuse poutine dans de l’eau bouillante. Mais la gluanteur (oui j’invente des mots) ne m’inspirait pas trop donc je l’ai réchauffée au micro-onde !

Je me suis sagement rassise devant pour ordinateur pour montrer à mon assistance ce que j’allais ingurgiter, puis à la cuillère, je me suis coupé un bout de poutine, que j’ai porté à ma bouche !

C’était… étrange !

J’ai cherché la viande, au milieu, et je n’arrivais pas trop à deviner ce qui se cachait dedans !

Nouvelle tentative : j’ai ajouté du sucre roux… C’était pas pire finalement !

Je ne sais pas pourquoi mais ça me faisait penser à la texture du cœur artichaut. Mais un peu bourratif et… écoeurant !

Voici une expérience typiquement Acadienne.

Et voici les photos (je ne voulais pas vous les montrer avant, fallait que vous imaginiez la texture) :

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Ma poutine rappée

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Ma poutine rappée

Ma poutine rappée

Ma poutine rappée

Mon assitance

Mon assistance (de gauche à droite : Maud, Rebecca et Gwen)

Bon appétit, bien sûr !

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Petite virée à Shediac avec Marie et Renée

Je ne vous l’avais pas encore expliqué ? C’est grâce à Marie que j’ai pris contact avec la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick ! Elle tient la maison d’édition Bouton d’Or Acadie et, puisque je cherchais un stage dans la communication événementielle, elle m’a conseillé de contacter la FJFNB. Donc je voudrais lui dire encore une fois un grand MERCI !

Après deux mois passés ici, nous nous sommes enfin rencontrées (oui, bon, jusqu’à présent nous n’avions échangé que par mail). Accompagnées de Renée, nous sommes allées, entre deux averses de l’orage qui se préparait, chez Léo. C’est un dinner (comme qu’on dit ici… je vois trop comment je pourrais le traduire… c’est un petit peu un fast food). Et on a mangé des Fried clams (alors ce sont des coques frits avec des frites). Mmh un bon repas santé tiens ! En tout cas, après ça, j’étais bien pleine !

Fried clams

Fried clams

Fried clams avec Marie

Fried clams avec Marie

Ensuite nous sommes allées au quai de Grande digue. C’est un endroit très mignon ! On a cherché du verre poli par la mer pour la collection de Renée puis nous nous sommes baladées sur le sable humide de la plage.

Grande digue

Grande digue

Grande digue

Grande digue

Grande digue

Grande digue

Grande digue

Grande digue

Grande digue

Grande digue

Grande digue

Grande digue

Grande digue

Grande digue

Marie m’a montré des supers coins aux alentours de Shediac.

Puis retour à la maison ! Renée m’a offert deux livres : Quinze pour cent de Samuel Archibald et Les carnets de Douglas de Christine Eddie. Je me suis promis de les lire lors de mon retour en France, samedi (ça approche à grands pas…!).

C’était un moment très agréable et je regrette un peu que l’on ne se soit pas rencontrée plus tôt ! À refaire, ici ou ailleurs !

Un hamburger au Old Triangle

Seule par un dimanche après-midi gris, on m’a conseillé d’aller au Old Triangle. C’est un pub irlandais où chaque dimanche des musiciens viennent jouer ! Et justement un de mes collègues y jouait !
J’ai poussé la grande porte verte foncée du pub, puis je me suis confortablement installée à une table, dans un fauteuil bien moelleux ! On est venu prendre la commande… 5 h ? Je vais juste prendre un café, merci !
L’ambiance était très agréable : beaucoup de décorations et des phrases écrites au mur : « Food for the body, drink for the spirit… and music for the soul ».

Old Triangle

Old Triangle
Ce qui m’a le plus surprise c’est que la petite troupe de musiciens ne jouait pas face au public mais en cercle… Comme s’ils faisaient de la musique juste pour eux !
Par la suite, on m’a expliqué que quelqu’un qui jouait d’un instrument était respecté et que, lors dune soirée, il était obligé de jouer s’il avait son instrument avec lui ! Il faut dire que les acadiens jouent presque tous d’un voire de plusieurs instruments !
Rebecca et Maud m’ont rejoint, on est venu prendre la commande de notre souper (voir la note numéro 3 de l’article la poutine au Tide & Board). Mais c’était encore trop tôt pour nous… J’ai toujours autant de mal à manger si tôt !
Musiques, rires et explications, des pourquois et des comments de la musique traductionnelle, de ces groupes de musiciens…
Puis, 6 h 30, nous avons fini par demander la carte en voyant tous les plats que nos voisins de tables finissaient !
Je rêvais de manger un hamburger ailleurs que dans un Mc Do : c’est chose faite !

Le hamburger du Old Triangle

Il était vraiment bon. Un pic en bois était planté en son milieu afin de retenir toute la garniture ! Et les frites… Mmh un régal ! Rebecca a goûté des wraps apparemment supers bons également !
Pas déçues, nous avons demandé la carte des desserts (juste pour voir hein…). Mais nous avons tenu bons et nous n’avons rien commandé !

Une ambiance décontractée, boire et manger entourée avec de la musique traditionnelle… Well, a nice place to stay !

La poutine au Tide & Board

La poutine ? Mmmh…
Je t’arrête tout de suite, je ne suis pas une fanatique du Président russe Vladimir Poutine, j’ai simplement goûté la poutine, une spécialité culinaire du Canada !
Avant d’arriver au Canada, on m’avait expliqué que lorsque l’on parlait de poutine à un canadien, des étoiles illuminaient ses yeux ! Au bureau, quand j’ai demandé où est-ce que je pouvais goûter la meilleure poutine du tout Moncton, on a pas vraiment su me répondre : type de viande, variété du fromage, cuisson des frites… chacun ses goûts après tout !
Bref jeudi soir dernier vers 19 h, Rebecca, Maud et moi-même nous sommes lancées : go taste poutine !

Note numéro 1 : 19 h ça peut vous faire tôt… Mais ici les Acadiens mangent à 17 h 30 le soir !

Bref ! Nous sommes allez au Tide & Board. Quand nous sommes rentrées j’ai trouvé que c’était un restaurant assez bruyant. Nous sommes descendues au sous-sol et là… pas un chat (encore heureux, non mais vous vous imaginez un chat dans un restaurant ?).
On avait une banquette d’au moins six personnes pour nous trois ! Nous avons pris nos aises et nous nous sommes attaquées à la compréhension des menus en anglais… Rapidement, nous nous sommes rendue compte que la traduction était au dos. Pas bête la bête.
On est venu commander : a yes pourquoi pas commencer avec un verre d’eau !

Note numéro 2
 : Oui ici, quand on arrive au restaurant, on a forcément un grand verre d’eau rempli de glaçons, c’est assez agréable et on ne se sent pas gêné de prendre « une carafe-du-robinet-pas-en-bouteille-à-4-euros-hein ».

Avec une bière : blonde n’importe laquelle, je ne m’y connais pas please. Sans avoir le temps de commander notre plat, la serveuse est partie nous chercher nos bières blondes.

Note numéro 3 : ici, une blonde, c’est une petite-amie, si quelqu’un te présente sa blonde ce n’est pas péjoratif du tout. Bon c’est vrai, la première fois tu peux te poser la question : est-il daltonien ? Dois-je le lui dire ? Vais-je ruiner un couple…

Enfin bon, avec du recul, je me suis sentie un peu bêtasse lorsque j’ai commandé une blonde…
Quand les bières nous ont été apportées nous avons tenté de commander notre souper.

Notre numéro 3 : au Canada, le petit-déjeuner c’est pour le matin (mmh si t’es plutôt du genre perspicace : oui, c’est comme chez nous !), le dîner c’est pour le midi et enfin le souper c’est pour le soir (même qu’on ne mange pas de la soupe tous les soirs où on soupe : étrange, non ?).
Bref, après quelques tentatives nous avons finalement réussi à commander : trois poutines au sanglier s’il vous plaît/traduction : three (en montrant du doigt sur la carte ce qu’on voulait, je vous l’avais pas dit que je m’améliorais en anglais ?!).
La commande fut et la fameuse poutine arriva !

La poutine

La poutine

Maud, Rebecca et moi-même devant notre poutine

Maud, Rebecca et moi-même devant notre poutine

Aspect étrange, je vous l’accorde. À vrai dire on ne savais pas trop par où commencer… La viande pleine de sauce ? Les mystérieuses frites cachées ? Les sauces ? Et pourquoi avons nous deux plats ? Quand on a fini, y’a une deuxième tournée ? C’est comme au self, faut courir le plus vite pour avoir le RAB ? Ou bien c’est simplement parce que le plat est ultra-chaud ? Hum…
On a attaqué… et c’était super bon ! L’aspect ne donne pas tellement envie, je vous l’accorde mais c’était délicieux. En fait, je m’attendais à ce que le sanglier ait un goût plus fort.
Comme ce que j’avais pu entendre ce n’était pas des « frites mollassonnes avec du fromage en veux-tu en-voilà, le tout nappé de sauce brune ». Les frites étaient croustillantes, le fromage se mariait majestueusement avec la viande. Et les sauces relevaient le tout ! Delicious !
Bon alors par contre ça cale : j’ai réussi à finir (je me suis forcée à finir…) mais je n’ai pas pu terminer ma jolie blonde de bière… Ouais je sais bien, je perd un peu de ma fierté bretonne là…
Toutes les trois, nous avons débattu sur ce plat typiquement québécois. Sans se la jouer à un dîner presque parfait, nous avons conclu que c’était une agréable soirée et que la poutine, on approuvait !
La serveuse est venue nous donner l’addition (toujours à l’envers et séparée ici, c’est pratique, pas de paroles gênées « hum non addition séparée s’il vous plait… »)

Note numéro (j’en suis à combien là ?) 4 : Lorsque l’on paye quelque chose le prix indiqué à la base ne comprend pas les taxes. Je suis donc toujours un peu surprise car le prix est légèrement plus cher… Faut juste que je m’y fasse !

Note numéro 5 : De plus, les métiers de la restauration sont très peu payés, il est de coutume de laisser un pourboire égal à environ 15 % du montant de l’addition. Super, des maths y’en a vraiment partout… Enfin bref, si tu ne laisses pas de pourboire c’est vraiment que tu es déçu du service ou bien que tu es radin. C’est idem pour les chauffeurs de taxi. Il me semble même qu’ils sont encore moins bien payés ! Mais ça dépend bien sûr de ta satisfaction ! Ne t’inquiète pas, tu apprendras à être satisfait ou pas des taxis…

Une soirée agréable, je suis rentrée le ventre lourd chez moi… Mais je ne doute pas que je dégusterai des poutines dans d’autres restaurants.

Pour information ce que j’ai goûté se nomme la poutine. Les Acadiens ont leur propre recette de la poutine : la poutine Acadienne (on est d’accord, très original !).

Le savais-tu ?
« Jadis, dit-on, les soldats britanniques affamés avaient la mauvaise habitude de faire des razzias chez les Acadiens… Pour se protéger de leur voracité, les intéressés auraient inventé la poutine de terre râqué, gluante, plongée dans de l’eau bouillante. Pas appétissant pour un sou. Après avoir soulevé le couvercle du faitout, les red coarts s’en aillaient, dégoutés. Ce qu’il ne savaient pas, c’est que les Acadiens avaient caché au centre de la bonne viande de porc. » – Le Routard -Québec, Ontario et Provinces maritimes, Paris, 2014, p. 70), Malin ces Acadiens… ça me fait un mets de plus à goûter !