Otage de ma propre maison : mes 24 heures d’isolement

Épisode sanglant à Moncton : un individu a abattu trois policiers puis en a blessé deux autres.

Mercredi soir, on rentrait de notre petite soirée au restaurant Mexicain, quand un gars a interpellé Maud et Rebecca « y’a eu une fusillade ». Sans le croire elles ont continué leur chemin. Arrivée chez elle, Maud m’a rapidement appelée pour me prévenir que c’était vrai… Et même si j’entendais les sirènes des pompiers et de la police, je ne réalisais pas vraiment qu’il se passait une chose aussi horrible dans la petite ville habituellement tranquille de Moncton…

Le lendemain, levée, douchée, habillée, prête pour aller travailler… On m’a dit que le bureau n’ouvrait pas car le suspect n’était toujours pas retrouvé. Là, c’était un moment étrange : ça voulais dire que ce qu’il se passait était vraiment grave. Les écoles, les commerces, l’université étaient fermés… En effet, le suspect n’était toujours pas arrêté.

C’était donc parti pour une journée cloîtrée chez moi, seule, car mes colocs n’était pas là ! Et je n’ai rien fait de la journée… Même pas réussi à travailler correctement sur mon rapport de stage ! C’est bizarre quand même, parfois on rêve de rester chez soi à ne rien faire, puis quand on doit rester chez soi, on pense à des milliers d’autres choses à faire.

J’avais des nouvelles régulièrement via la médias sociaux… Mais toujours pas de nouvelles du tireur. Afin de le retrouver, une zone était délimitée : à 5 km de chez moi ! Ça fait une trotte, ok, mais c’est quand même flippant.

Tout le monde publiait, commentait, stressait sur les réseaux sociaux. C’était affreux ! Être inutile et ne faire qu’attendre ! Selon les journaux #PrayForMoncton a été le hashtag le plus utilisé dans la journée.

Le jeudi soir, quand la nuit est tombée, j’ai skyper avec Maud et Rebecca, ça m’a rassurée un peu. En effet, ici, il n’y pas vraiment de volet. Ainsi, on peut te voir de l’extérieur.7

Skype avec Maud

Skype avec Maud

On se posait toutes les mêmes questions : pourquoi Justin (c’est le prénom du tireur) a t-il fait ça ? Qu’en avait-t-il après les forces de l’ordre ? Qu’elles étaient ses motivations ?

De plus Rebecca quittait définitivement Moncton le lendemain et rejoignait sa famille a Ottawa. À cause de ces événements, elle n’a pas eu la chance de dire au revoir à nos collègues et aux formidables personnes que l’on a rencontré ici. Petit pincement au cœur, je n’ai pas pu lui dire au revoir non plus…

Pour la ville de Moncton, c’était reparti pour une seconde nuit de terreur… Une fois encore, au rythme des sirènes de pompiers et de la police, je me suis endormie.

Finalement, dans la nuit de jeudi à vendredi, à minuit passé, Justin s’est rendu à la police. La fin de l’horreur, la fin de l’isolement…

Il faut dire que (le pauvre ?), il veillait depuis mercredi pour ne pas se faire attraper…

Vendredi, j’étais soulagée. Je n’ai jamais été aussi contente de pouvoir aller travailler !

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