Ma première biographie

Hé me voici célèbre ! On vient de publier ma première biographie ! Non mais vous vous imaginez ? Hum… Qu’ai-je fais de si extraordinaire ? À quelles éditions est-ce publié ? Ben… À vrai dire, il n’y en a pas vraiment… Je vous laisse découvrir par vous même ma biographie selon la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick (FJFNB) : oui, oui faut cliquer ici !

Et puis tu trouveras celles mes collègues !

Bon d’accord… Si tout le monde en a, c’est moins la classe !

 

 

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Do you parler le chiac ?

« Ce moment when you start penser en deux langues at the same temps. » Ouais le chiac ça pourrait être ça… Mais non, c’est encore plus difficile !

À mon arrivée j’ai vraiment été surprise par l’accent de certains Néo-Brunswickois (les habitants du Nouveau-Brunswick pour les plus perspicaces) ! Il y avait certaines personnes que je comprenais à peu près et puis certaines… pas du tout ! Les pauvres, je les faisais répéter et je me sentais toujours un peu mal à l’aise car c’est du français avec un accent différent !

Donc le chiac, je dirais que c’est un mélange entre de l’anglais, du français et un patois. Et quel patois !

Chaque région du Nouveau-Brunswick a un accent un peu différent. De plus l’anglais et le français ne sont pas parlés partout. Le Nouveau-Brunswick est la seule province du Canada où l’anglais et le français sont deux langues officielles. Mais ces deux langues n’ont pas la même importance dans chaque région. Par exemple dans le Nord ou sur la côte on parle essentiellement le français. Mais au Sud ou dans les terres, c’est l’anglais qui est majoritaire (certainement car la frontière avec les Etats-Unis est plus proche) !

À Moncton, près de 30 % de la population est francophone. Mais une bonne partie de ces 30 % parle aussi anglais. Alors, devrait-on parler de population bilingue ?

Ici, c’est une question omniprésente. Et plus encore si on ajoute les problématiques liées à l’Acadie. Qu’est-ce que l’Acadie ? Qui est acadien ? Est-ce que les acadiens sont francophones ? Autant de questions sur lesquelles personne ne s’accorde vraiment.

D’après ce que j’ai pu comprendre, l’Acadie n’est pas un territoire clairement défini. Il est donc difficile de définir qui est acadien ou non. Alors pour simplifier, est acadien un francophone qui vit dans l’une des provinces Atlantique du Canada (Nord-est, nord-ouest et sud-est du Nouveau-Brunswick, quelques régions de la Nouvelle-Écosse, Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve).

Si tu veux comprendre davantage : voici un petit paragraphe court bien expliqué.

Mèèèh… Revenons à nos moutons. (j’ai bien imité le bêlement du mouton n’est-ce pas ?)

Je vous rassure tout de même, le chiac, on s’y fait ! De plus, tout le monde ne parle pas le chiac ! Et avec du recul c’est assez marrant de caser un « so« , un « obviously » dans sa phrase ! J’me sens presque bilingue (la bonne blague) !

Quand j’ai passé ma fin de semaine à Montréal, j’ai remarqué que les québécois et les néo-brunswickois/acadiens n’avaient pas le même accent. J’avais l’impression que les québécois étaient plus faciles à comprendre… Étrange… Ou bien tout simplement mon oreille s’est faite aux accents d’ici…

Petit lexique :

  •  une tuque : un bonnet
  •  des flip flops : des tongues (cc Émeline qui utilisait déjà cette expression dans notre belle Bretagne)
  • des thongues : des strings
  • une culotte : un pantalon
  • une boisson : un verre alcoolisé
  • une liqueur : de l’eau pétillante
  • ma blonde : ma petit-amie (ce n’est pas du tout péjoratif)
  • mon cheum : mon petit copain
  • c’est plate : c’est nul, ennuyant
  • allo : salut

Autant vous dire que y’a quand même moyen de se planter ou de se faire mal comprendre !

Ici, le « tu » est utilisé plusieurs fois dans une même phrase : « tu veux tu que je vous apporte chez vous ? » veut dire « veux-tu que je te ramène chez toi ? »… On s’y fait assez bien !

Il y a un truc assez marrant aussi, beaucoup de jurons sont des mots issus des églises : tabernacle, jesus, god et j’en passe…

Oh et puis j’oubliais, j’vous avais pas dit que ma coloc était marseillaise ? Non, c’est pas qu’elle exagère les choses, mais ça nous fait pas mal d’accent différent !

*À tous les acadiens, néo-brunswickois ou canadiens… cet article n’a pas pour but de se moquer des francophones ou du chiac mais de montrer les différences qu’il peut y avoir avec le français.*

 

Et comment ça va dans tout ça ?

Presque un mois passé sur un autre continent : il est temps de faire un bilan !

Comment ça va ? Introduction, développement, conclusion ? « Vous savez, moi je ne crois pas qu’il y ait de bonne ou de mauvaise situation. Moi, si je devais résumer ma vie aujourd’hui avec vous, je dirais que c’est d’abord des rencontres. Des gens qui m’ont tendu la main, peut-être à un moment où je ne pouvais pas, où j’étais seul chez moi. Et c’est assez curieux de se dire que les hasards, les rencontres forgent une destinée… Parce que quand on a le goût de la chose, quand on a le goût de la chose bien faite, le beau geste, parfois on ne trouve pas l’interlocuteur en face je dirais, le miroir qui vous aide à avancer. Alors ça n’est pas mon cas, comme je disais là, puisque moi au contraire, j’ai pu : et je dis merci à la vie, je lui dis merci, je chante la vie, je danse la vie… je ne suis qu’amour ! Et finalement, quand beaucoup de gens aujourd’hui me disent « Mais comment fais-tu pour avoir cette humanité ? », et bien je leur réponds très simplement, je leur dis que c’est ce goût de l’amour ce goût donc qui m’a poussé aujourd’hui à entreprendre une construction mécanique, mais demain qui sait ? Peut-être simplement à me mettre au service de la communauté, à faire le don, le don de soi… ».

Copyright Astérix et Obélix mission Cléopâtre bien sûr !

Bon arrêtons de tourner autour du pot. Je vais débuter par la conclusion : c’est oui, c’est oui je vais bien !

Bizarrement, ici à Moncton, de l’autre côté de l’Atlantique, très loin de ma petite commune et de ma petite vie, je me sens entourée. Et je pense que je me sens aussi bien parce que, justement, je me sens entourée ! Et pour ça, je suis vraiment contente de m’être lancée dans la colocation. Pour moi c’était vraiment l’aventure. Jusqu’à présent, la solitude ne me dérangeait pas : ça me permettait de travailler le soir, de glander… Mais maintenant que j’ai goûté à la vie en collectivité, je pense que ça me sera difficile de retourner habiter toute seule…

On pourra dire que ça amortit les coups financiers, mais ce que j’apprécie le plus, c’est d’avoir quelqu’un avec qui rentrer, avec qui parler le soir, de ne pas être toute seule, d’avoir envie de cuisiner (comme quoi, tout peut arriver), de faire le ménage avec la musique des années 2000 à fond et puis de ne plus faire attention aux grincements de ses couverts dans son assiette… C’est vraiment l’fun (comme on dirait ici) ! Donc je le dis et je le répète « merci à la vie, je lui dis merci, je chante la vie, je danse la vie… ».

Bon et en dehors de la maison, comment qu’ça s’passe ?

Ça roule ! Je me suis même étonnée à utiliser des expressions chiac (quoi ? tu ne sais pas ce qu’est le chiac ?!). C’est assez marrant je dois dire.

Au boulot, ça va, ça va ! La pression va monter un peu avec Accros de la chanson qui approche à grands pas.

Donc en bref, oui, tout se passe bien !

Bon, après, ça ne fait QUE un mois que je suis là ! Je n’ai pas encore eu le mal du pays. Je me dis que pour moins de trois mois, je n’aurai le temps d’avoir un gros coup de blues… On verra bien d’ici la fin ! Mais je suis quand même super mais alors SUPER contente quand on m’envoie un petit message et puis… j’ai quand même hâte d’avoir un petit coucou sur skype !

J’adore ma petite existence ici, je rencontre plein de monde et je découvre énormément de chose : oui, c’est mon vrai premier voyage seule. Petit élan de liberté et d’aventures à la fois…

Que vous dire d’autre ?

Oui je vais quand même rentrer (que maman et papa ne s’inquiètent pas).

Et oui ça me donne envie d’aller découvrir d’autres choses…

Ma fin de semaine à Montréal

(oui j’ai décidé de tout franciser, fin de semaine = week-end)

Pour Pâques, j’ai été 4 jours à Montréal avec Gwenaëlle, Rebecca et Maud. J’ai adoré ce voyage ! Et par où commencer pour le raconter ?

D’abord il faut savoir que le petit trajet Moncton/Montréal compte un peu plus de 10 heures de route. Tu irais pour 4 jours dans les Pyrénées petit Breton ? La notion de distance est très différente ici car tout est très voire très très loin ! Donc nous avons roulé plus de 20 h en 4 jours.

La dodge

La dodge

Pas mal la caisse hein ? Bon, je l’avoue ça fait très kékos mais je ne l’ai pas choisi, promis !

Départ de Moncton à 14 h 30, nous sommes arrivées à notre logement de Montréal vers 2 h 00 (du matin). Fatiguées, énervées de s’être perdue sans GPS dans Montréal et excitées en pensant au petit matin, on s’est aussitôt couchée.

Le lendemain, on a démarré tranquillement : visite du vieux Montréal et du vieux port.

Le vieux port

Le vieux port

Et qu’est-ce qu’il y a de vieux là dedans ? On m’explique ? Je suis sûre qu’on a loupé certains coins mais j’ai été un peu déçue car je m’attendais à quelque chose de plus vieux et plus mignonnet !

À midi, nous nous sommes toutes les 4 retrouvées (Maud et Rebecca ne logeaient pas avec nous) et nous avons filé, à pied, à La banquise !

Rassure toi, je ne vais pas détailler heure par heure ce que j’ai fait, vu, entendu et mangé à Montréal ! Quoique…

Enfin bref, La banquise est un restaurant qui propose plus de 30 sortes de poutines différentes. C’est tellement connu, qu’il faut faire la queue dehors pour avoir une table : nous avons attendu presque 45 min !

La banquise

La banquise

La banquise

La banquise

Elle a de la gueule ma poutine hein ? Oui, c’était excellent ! J’ai failli me laisser tenter par le pouding chômeur mais j’ai résisté avec volonté. C’est un dessert qu’il faut, apparemment, vraiment goûter. C’est typiquement Québécois !

Pour digérer, nous avons grimpé jusqu’au Mont-Royal : ça fait une trotte quand même ! Mais la vue était magnifique. On voyait tout Montréal : les églises coincées entres deux buildings, les endroits où on s’était baladé…

Mont-Royal

L’ascension vers Mont-Royal

Mont-Royal

Mont-Royal

Et au sommet, j’ai assisté à ma première demande en mariage ! Mais non pas pour moi : j’était en train de m’émerveiller devant la vue qui s’offrait à moi quand j’ai entendu un gros « YES ! ». Je me suis retournée et j’ai vu un couple s’enlacer. L’homme venait de se mettre a genoux et de demander sa bien-aimé en mariage. Cadre mignon pour une demande en mariage, n’est-ce pas ? Ensuite, ils sont rentrés en courant (non pas qu’il était pressé de l’annoncer mais ils faisaient leur jogging, à la base !).

Sinon j’ai fait quoi d’autre ?

J’ai fait de la balançoire musicale (oui oui !), j’ai pris un brunch avec Marine, je me suis baladée avec Éva et Benjamin, j’ai été au biodôme et au jardin botanique, j’ai mangé à Juliette et Chocolat, j’ai été vivre l’ambiance d’un match de hockey dans un bar, j’ai assisté à un magnifique karaoké… Et j’ai même pas eu le temps de faire les magasins !

Balançoires musicales

Balançoires musicales

Balançoires musicales

Balançoires musicales

Magasins de Noël

Magasin de Noël

Brunch

Brunch

Biosphère, parc Jean Drapeau

Biosphère, parc Jean Drapeau

Parc Jean Drapeau

Parc Jean Drapeau

Lynx, biodôme

Lynx, biodôme

Biodôme

Biodôme

Biodôme

Biodôme

Papillons en liberté, biodôle

Papillons en liberté, biodôme

Papillons en liberté, biodôle

Papillons en liberté, biodôme

Jardin botanique, jardin de Chine

Jardin botanique, jardin de Chine

Juliette et chocolat

Juliette et chocolat

Ça a été un week-end vraiment super ! Fatiguant, mais en 4 jours j’ai eu l’impression de faire le tour. Il faut dire que c’était pas encore l’époque des concerts, festivals. Mais on fait avec et j’ai beaucoup apprécié la ville, les gens avec qui j’ai passé la fin de semaine et ça m’a fait plaisir de passer des moments avec la team de Moncton mais aussi des personnes de France !

Au retour, nous avons fait escale aux chutes de Montmorency, à Québec. Un peu plus de 80 mètres de hauteur : c’était impressionnant ! Gelé, l’hiver, ça doit être magique…

On a même aperçu un arc-en-ciel !

Chute de Montmorency, Québec

Chute de Montmorency, Québec

Chute de Montmorency, Québec

Chute de Montmorency, Québec

Chute de Montmorency, Québec

Chute de Montmorency, Québec

Chute de Montmorency, Québec

Chute de Montmorency, Québec

Chutes de Monmorency

Chute de Monmorency

Bienvenue au Trivthon de la Maison Nazareth !

Musique de « qui veut gagner des millions », spots de lumières qui balayent la salle, voix enjouée au micro… Mais où suis-je ?

Le week-end dernier, j’ai été au Trivthon de la Maison Nazareth ! Kesako ? C’est une compétition amicale basée sur un jeu géant de culture générale qu’organise la Maison Nazareth (« c’est une maison d’hébergement d’urgence, temporaire, pour les hommes, les femmes et les familles dans le besoin de la communauté. Les différents services offerts par la maison sont gratuits ») afin de récolter des fonds ! Et qu’est ce que je faisais là dans un quizz de culture générale ? Eh bien… je me suis inscrite avec l’équipe avec laquelle je fais du sport chaque lundi soir.

Je suis arrivée en tenue décontractée : jean-t-shirt-basket (en plus j’avais fait un effort : j’avais délaissé mon parka bien chaud vert-kaki dégueulasse au profit de mon manteau d’hiver de France…). Mais en arrivant au Trivthon… tout le monde était « bien habillé »… C’est-à-dire ? Ben c’est-à-dire petites chemises, petits hauts, petits colliers et petits souliers !

Finalement, je ne me suis pas sentie si gênée que ça et j’ai déjà fait bien pire… Comment ? Je ne vous avais pas raconté la fois où je m’étais vêtue d’une petite robe, de basket et de chaussettes de ski, emmitouflée sous un gros parka intérieur polaire ?

Bref, je me suis assise à la table de mon équipe : les étoiles !

Les étoiles

Équipe de vainqueurs n’est-ce pas ?

Deux animateurs sont montés sur scène et ont commencé le show ! 8 manches de 10 questions. Chaque question était répétée 2 fois. Et il fallait répondre sur une feuille que l’on remettrait à chaque fin de manche. One, two, three, c’est parti !

Trivthon de la Maison Nazaretg

Bon, c’était à prévoir, énormément de questions portaient sur la culture et l’actualité canadienne et acadienne. Autant dire que ce n’était pas si simple ! Mon rôle était de… motiver les troupes ?

On était bien parti 8/10 aux premières manches. On a perdu notre concentration pour finir à 2/10 pour la dernière manche. Et au total on a fini 51e sur 74 équipes… Mais bon, l’important c’était de participer… ! Et puis ces fonds étaient récoltés pour une bonne cause : « aider les personnes démunies et vulnérables à réintégrer la société, dans la région du Grand Moncton ». Dans tous les cas, je remercie vraiment mon équipe pour cette soirée !

Hé faut pas croire… J’ai tout de même réussi à répondre à quelques questions :

– En France, quelle ville nomme t-on la ville rose ?

– Qui a traversé récemment l’Océan pacifique du Canada jusqu’à Lorient, en France ? (Et là je remercie mon papa de m’avoir parlé de cette nana et de son agente de relation publique !)

– Comment s’appelle la mascotte du festival « Juste pour rire » au Québec ?

Alors vous seriez capable d’y répondre ? J’attends vos réponses ! Je tiens à vous préciser que tout portable, livre ou moyen de tricherie étaient interdit !

Un hamburger au Old Triangle

Seule par un dimanche après-midi gris, on m’a conseillé d’aller au Old Triangle. C’est un pub irlandais où chaque dimanche des musiciens viennent jouer ! Et justement un de mes collègues y jouait !
J’ai poussé la grande porte verte foncée du pub, puis je me suis confortablement installée à une table, dans un fauteuil bien moelleux ! On est venu prendre la commande… 5 h ? Je vais juste prendre un café, merci !
L’ambiance était très agréable : beaucoup de décorations et des phrases écrites au mur : « Food for the body, drink for the spirit… and music for the soul ».

Old Triangle

Old Triangle
Ce qui m’a le plus surprise c’est que la petite troupe de musiciens ne jouait pas face au public mais en cercle… Comme s’ils faisaient de la musique juste pour eux !
Par la suite, on m’a expliqué que quelqu’un qui jouait d’un instrument était respecté et que, lors dune soirée, il était obligé de jouer s’il avait son instrument avec lui ! Il faut dire que les acadiens jouent presque tous d’un voire de plusieurs instruments !
Rebecca et Maud m’ont rejoint, on est venu prendre la commande de notre souper (voir la note numéro 3 de l’article la poutine au Tide & Board). Mais c’était encore trop tôt pour nous… J’ai toujours autant de mal à manger si tôt !
Musiques, rires et explications, des pourquois et des comments de la musique traductionnelle, de ces groupes de musiciens…
Puis, 6 h 30, nous avons fini par demander la carte en voyant tous les plats que nos voisins de tables finissaient !
Je rêvais de manger un hamburger ailleurs que dans un Mc Do : c’est chose faite !

Le hamburger du Old Triangle

Il était vraiment bon. Un pic en bois était planté en son milieu afin de retenir toute la garniture ! Et les frites… Mmh un régal ! Rebecca a goûté des wraps apparemment supers bons également !
Pas déçues, nous avons demandé la carte des desserts (juste pour voir hein…). Mais nous avons tenu bons et nous n’avons rien commandé !

Une ambiance décontractée, boire et manger entourée avec de la musique traditionnelle… Well, a nice place to stay !

La poutine au Tide & Board

La poutine ? Mmmh…
Je t’arrête tout de suite, je ne suis pas une fanatique du Président russe Vladimir Poutine, j’ai simplement goûté la poutine, une spécialité culinaire du Canada !
Avant d’arriver au Canada, on m’avait expliqué que lorsque l’on parlait de poutine à un canadien, des étoiles illuminaient ses yeux ! Au bureau, quand j’ai demandé où est-ce que je pouvais goûter la meilleure poutine du tout Moncton, on a pas vraiment su me répondre : type de viande, variété du fromage, cuisson des frites… chacun ses goûts après tout !
Bref jeudi soir dernier vers 19 h, Rebecca, Maud et moi-même nous sommes lancées : go taste poutine !

Note numéro 1 : 19 h ça peut vous faire tôt… Mais ici les Acadiens mangent à 17 h 30 le soir !

Bref ! Nous sommes allez au Tide & Board. Quand nous sommes rentrées j’ai trouvé que c’était un restaurant assez bruyant. Nous sommes descendues au sous-sol et là… pas un chat (encore heureux, non mais vous vous imaginez un chat dans un restaurant ?).
On avait une banquette d’au moins six personnes pour nous trois ! Nous avons pris nos aises et nous nous sommes attaquées à la compréhension des menus en anglais… Rapidement, nous nous sommes rendue compte que la traduction était au dos. Pas bête la bête.
On est venu commander : a yes pourquoi pas commencer avec un verre d’eau !

Note numéro 2
 : Oui ici, quand on arrive au restaurant, on a forcément un grand verre d’eau rempli de glaçons, c’est assez agréable et on ne se sent pas gêné de prendre « une carafe-du-robinet-pas-en-bouteille-à-4-euros-hein ».

Avec une bière : blonde n’importe laquelle, je ne m’y connais pas please. Sans avoir le temps de commander notre plat, la serveuse est partie nous chercher nos bières blondes.

Note numéro 3 : ici, une blonde, c’est une petite-amie, si quelqu’un te présente sa blonde ce n’est pas péjoratif du tout. Bon c’est vrai, la première fois tu peux te poser la question : est-il daltonien ? Dois-je le lui dire ? Vais-je ruiner un couple…

Enfin bon, avec du recul, je me suis sentie un peu bêtasse lorsque j’ai commandé une blonde…
Quand les bières nous ont été apportées nous avons tenté de commander notre souper.

Notre numéro 3 : au Canada, le petit-déjeuner c’est pour le matin (mmh si t’es plutôt du genre perspicace : oui, c’est comme chez nous !), le dîner c’est pour le midi et enfin le souper c’est pour le soir (même qu’on ne mange pas de la soupe tous les soirs où on soupe : étrange, non ?).
Bref, après quelques tentatives nous avons finalement réussi à commander : trois poutines au sanglier s’il vous plaît/traduction : three (en montrant du doigt sur la carte ce qu’on voulait, je vous l’avais pas dit que je m’améliorais en anglais ?!).
La commande fut et la fameuse poutine arriva !

La poutine

La poutine

Maud, Rebecca et moi-même devant notre poutine

Maud, Rebecca et moi-même devant notre poutine

Aspect étrange, je vous l’accorde. À vrai dire on ne savais pas trop par où commencer… La viande pleine de sauce ? Les mystérieuses frites cachées ? Les sauces ? Et pourquoi avons nous deux plats ? Quand on a fini, y’a une deuxième tournée ? C’est comme au self, faut courir le plus vite pour avoir le RAB ? Ou bien c’est simplement parce que le plat est ultra-chaud ? Hum…
On a attaqué… et c’était super bon ! L’aspect ne donne pas tellement envie, je vous l’accorde mais c’était délicieux. En fait, je m’attendais à ce que le sanglier ait un goût plus fort.
Comme ce que j’avais pu entendre ce n’était pas des « frites mollassonnes avec du fromage en veux-tu en-voilà, le tout nappé de sauce brune ». Les frites étaient croustillantes, le fromage se mariait majestueusement avec la viande. Et les sauces relevaient le tout ! Delicious !
Bon alors par contre ça cale : j’ai réussi à finir (je me suis forcée à finir…) mais je n’ai pas pu terminer ma jolie blonde de bière… Ouais je sais bien, je perd un peu de ma fierté bretonne là…
Toutes les trois, nous avons débattu sur ce plat typiquement québécois. Sans se la jouer à un dîner presque parfait, nous avons conclu que c’était une agréable soirée et que la poutine, on approuvait !
La serveuse est venue nous donner l’addition (toujours à l’envers et séparée ici, c’est pratique, pas de paroles gênées « hum non addition séparée s’il vous plait… »)

Note numéro (j’en suis à combien là ?) 4 : Lorsque l’on paye quelque chose le prix indiqué à la base ne comprend pas les taxes. Je suis donc toujours un peu surprise car le prix est légèrement plus cher… Faut juste que je m’y fasse !

Note numéro 5 : De plus, les métiers de la restauration sont très peu payés, il est de coutume de laisser un pourboire égal à environ 15 % du montant de l’addition. Super, des maths y’en a vraiment partout… Enfin bref, si tu ne laisses pas de pourboire c’est vraiment que tu es déçu du service ou bien que tu es radin. C’est idem pour les chauffeurs de taxi. Il me semble même qu’ils sont encore moins bien payés ! Mais ça dépend bien sûr de ta satisfaction ! Ne t’inquiète pas, tu apprendras à être satisfait ou pas des taxis…

Une soirée agréable, je suis rentrée le ventre lourd chez moi… Mais je ne doute pas que je dégusterai des poutines dans d’autres restaurants.

Pour information ce que j’ai goûté se nomme la poutine. Les Acadiens ont leur propre recette de la poutine : la poutine Acadienne (on est d’accord, très original !).

Le savais-tu ?
« Jadis, dit-on, les soldats britanniques affamés avaient la mauvaise habitude de faire des razzias chez les Acadiens… Pour se protéger de leur voracité, les intéressés auraient inventé la poutine de terre râqué, gluante, plongée dans de l’eau bouillante. Pas appétissant pour un sou. Après avoir soulevé le couvercle du faitout, les red coarts s’en aillaient, dégoutés. Ce qu’il ne savaient pas, c’est que les Acadiens avaient caché au centre de la bonne viande de porc. » – Le Routard -Québec, Ontario et Provinces maritimes, Paris, 2014, p. 70), Malin ces Acadiens… ça me fait un mets de plus à goûter !